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Le manque d’argent en prévention tue lentement les Québécois; il est temps d’agir

À la suite de la lettre ouverte de plus de 20 médecins, plus de 325 kinésiologues se prononcent

En 2021, le budget en santé du Québec se chiffrait à 5,3 milliards de dollars (1). Pourtant, selon les dernières données disponibles datant de 2018, seulement 2,8% de ce montant était alloué à la prévention et à la promotion en santé (2) et cette année ne sera assurément pas différente. En 2017, 43,7 % des Canadiens de 20 ans et plus déclaraient avoir reçu un diagnostic d’au moins une des dix maladies chroniques communes, dont 18,4 % étaient atteints d’au moins deux de ces maladies (3).

L’OMS déclare même qu’une personne insuffisamment active augmente son risque de décès de 20% à 30% par rapport à celle qui est davantage  active (4). La prévalence de ces maladies chroniques peut pourtant être réduite par l’adoption d’habitudes de vie optimales. 

Le message ne passe pas

Les directives en matière d’activité physique sont bien connues; pour optimiser la santé, il est recommandé de faire 150 minutes d’exercice par semaine. Cependant, en 2018, 82.5% des Canadiens ne respectaient pas cette recommandation. Pire encore, ils déclaraient être sédentaires en moyenne 9.6 heures par jour et il est très probable que ce chiffre ait augmenté au cours des dernières années (5). Pourtant, 73.9% d’entre eux souhaitaient être davantage actifs dans les six mois suivants (6). Si la population désire en réalité être active, mais présente un taux de sédentarité aussi élevé, pourquoi ne passe-t-elle pas à l’action? Que doit-on en conclure? 

La réponse est simple: les gens ne savent pas toujours comment le faire! Comment intégrer l’activité physique aux habitudes de vie de façon durable? Comment bouger sécuritairement? Comment être actif malgré des douleurs chroniques et des conditions métaboliques multiples? C’est là que la kinésiologie entre en jeu! Étant des spécialistes de l’activité physique, les kinésiologues sont LES professionnels tout indiqués dans la prise en charge des habitudes de mouvements pour la population. Il est clair que les instances gouvernementales bénéficieraient grandement de l’amélioration de la santé globale de ses citoyens par le biais de l’activité physique en facilitant l’accès aux services des kinésiologues. 

L’exercice permet de prévenir les maladies chroniques comme le cancer, le diabète de type 2 et les maladies du cœur; améliore l’attention, la concentration et les autres fonctions du cerveau; permet de maintenir une bonne santé mentale; améliore le sommeil; diminue le stress et le risque de tabagisme. Une vie active permet donc de préserver le capital santé d’un individu, et ce, à tout âge. Par l’adoption d’un mode de vie sain, il est possible de ralentir et de prévenir le développement de certaines conditions métaboliques et les risques de complications qui y sont associés.  Le maintien de la masse musculaire à long terme assure une plus grande autonomie de la personne (7). Investir dans la prévention permet donc d’économiser à long terme des sommes colossales. Il n’est jamais trop tard pour passer à l’action!

Le Centre Axis ; voir la santé et non la maladie

Le Centre médico-sportif Axis est spécialisé dans la prévention et le renversement des maladies métaboliques. Cette clinique unique dont la vision est novatrice regroupe médecins, nutritionnistes, kinésiologues, infirmières, pharmaciens, travailleuse sociale et professeure de méditation. Ensemble, l’équipe souhaite prendre en charge la santé des gens par le biais de l’optimisation des habitudes de vie. Grâce à une clinique comme celle-ci, la diminution des coûts de soins de santé, l’amélioration de la santé globale des individus et le renversement des maladies chroniques sont maintenant possibles. L’équipe encadre le participant dans son adhésion à l’adoption d’une alimentation saine et équilibrée, à la pratique d’exercice physique régulièrement et à la gestion des habitudes de sommeil et de stress.

Avec un encadrement professionnel adéquat et un suivi étroit, il est possible d’observer et de quantifier le renversement de certaines maladies chroniques. L’équipe du Centre Axis réussit entre autres à augmenter la capacité aérobie de ses usagers en moyenne de 1.9 METS, un des meilleurs prédicteurs de santé cardiovasculaire, pendant un accompagnement de trois mois. Cela correspond à une économie d’approximativement 3 828$ CAD par patient chaque année, soit un retour sur investissement important par rapport au coût par patient lors du passage au Centre Axis (8). 

Les coûts pour l’utilisation de notre système de santé curatif sont voués à augmenter dans les prochaines années. En 2031, la proportion des personnes âgées de 65 ans ou plus (25,6 %) aura dépassé celle des moins de 20 ans (20,3 %) (9). Le fardeau économique en soins de santé pèsera lourd sur les épaules des générations futures si rien ne change. Malgré tous les bienfaits qu’un programme de prévention pourrait avoir comme retombée sur la population, le Centre médico-sportif Axis, tout comme une majorité d’autres initiatives en prévention, se retrouve dans une position précaire financièrement faute de priorisation par le réseau de la santé. La place que prend le kinésiologue dans cette organisation est centrale et comble un besoin majeur pour une population qui aspire à la création d’une santé durable. 

Des économies à la portée de nos gouvernements

La kinésiologie gagnerait à être plus reconnue, mais surtout à faire partie intégrante des soins offerts pour le grand public. Imaginez ce service à grande échelle! L’encadrement de la population par des kinésiologues permettrait des économies inimaginables faisant de notre système de santé une figure de proue mondialement reconnue. Investir dans la prévention maintenant, c’est non seulement améliorer la qualité de vie de sa population actuelle, mais c’est aussi une solution essentielle pour décharger le système de santé de demain. 

Rédigé par les kinésiologues du Centre Axis :

Vicky C. Lord B.Sc. vicky@centreaxis.ca

Isabelle Contant M.Sc. isabelle@centreaxis.ca 

Valérie Aimé B. Sc. et D.E.S.S.

Références 

  1.  Meloche-Holubowski, Mélanie, Budget du Québec : 10,3 milliards pour « renforcer le système de santé » post-pandémie, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1779978/sante-budget-quebec-2021-aines-services-sociaux,  25 mars 2021.
  2. ASPQ, LA SANTÉ PUBLIQUE DU XXIe SIÈCLE Propositions pour le plein déploiement de la santé publique au Québec  https://www.aspq.org/app/uploads/2021/02/2021-02-19_memoire_investissements_en_prevention_au_qc.pdf, février 2021, page 13.
  3. ASPQ, LA SANTÉ PUBLIQUE DU XXIe SIÈCLE Propositions pour le plein déploiement de la santé publique au Québec  https://www.aspq.org/app/uploads/2021/02/2021-02-19_memoire_investissements_en_prevention_au_qc.pdf, février 2021, page 14.
  4. Organisation mondiale de la santé, Activité physiquehttps://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/physical-activity, 26 novembre 2020. 
  5. Statistique Canada, Activité physique et comportement sédentaire quotidiens dans les catégories professionnelles chez les adultes canadiens, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2020009/article/00002-fra.htm, 16 septembre 2020.
  6. Gouvernement du Canada, Indicateurs de l’activité physique, du comportement sédentaire et du sommeil (APCSS), https://sante-infobase.canada.ca/apcss, 27 mai 2020.
  7. Gouvernement du Québec,  Améliorer sa santé grâce à l’activité physique, https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/saines-habitudes-de-vie/activite-physique/ameliorer-sa-sante-grace-a-lactivite-physique#:~:text=Chez%20les%20adultes%20et%20les,hypertension%20(pression%20art%C3%A9rielle%20%C3%A9lev%C3%A9e)%3B, 19 décembre 2016.
  8. Myers, Jonathan. et al., Association Between Cardiorespiratory Fitness and Health Care Costs : The Veterans Exercise Testing Study, https://www.mayoclinicproceedings.org/article/S0025-6196(17)30736-X/fulltext, 1er janvier 2018.
  9. Gouvernement du Québec, Les ainés du Québec, quelques données récentes, http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/Egalite/Les_aines_du_Quebec.pdf, 2012,  page 11.

Co-signataires kinésiologues :

Aleksa Désautels B. Sc.

Alexandra Ayotte M. Sc.

Alexandre Chartrand B. Sc.

Alexandre Girard B. Sc. et D.E.S.S.

Alexandre Lebelle B. Sc.

Alexandre Lévesque B. Sc. et D.E.S.S.

Alexandre Vigeant-Rousseau M. Sc.

Alexie Boucher M. Sc.

Alexis Vaillancourt B. Sc.

Amandine Riboulot M. Sc.

Amélie Bréard B. Sc.

Amélie Cyr B. Sc.

Amélie Doré B. Sc.

Andréane Gagnon B. Sc. et D.E.S.S.

Andrée-Ann Lepage B. Sc.

Andrée-Anne Beaudoin B. Sc. et D.E.S.S.

Andrée-Anne Ouellet B. Sc.

Andronik Bourret B. Sc.

Angelica Kozak B. Sc.

Anh Thy Le Quang M. Sc.

Anne Bellavance Roy B. Sc.

Anne-Julie Charron B. Sc.

Annie Dumouchel Master

Annie Gervais-Massé B. Sc.

Antoine Laurier B. Sc.

Ariane Renaud B. Sc.

Audrey Beauséjour B. Sc.

Audrey Billaudeau B.Sc.

Audrey Collerette B. Sc.

Audrey Desroches B. Sc.

Audrey Leblanc B. Sc.

Audrey Pelletier B. Sc.

Benoit Brosseau B. Sc.

Benica Valcourt B. Sc.

Benjamin Morency B. Sc. et D.E.S.S.

Benjamin Raymond B. Sc.

Benjamin Sinclair B. Sc.

Bianca Marois M. Sc.

Camille Bastien Tardif M. Sc.

Camille Giroux B. Sc.

Catherine Gagné B. Sc. D.O.

Catherine Larouche B. Sc.

Catherine Lavigne Pelletier M. Sc.

Catherine Petryka B. Sc.

Catherine Toupin B. Sc.

Carine Nobert B. Sc.

Caroline Bourgouin B. Sc.

Caroline Clément B. Sc.

Caroline Guévin B. Sc.

Caroline Venne B. Sc. et D.E.S.S.

Céline El-Hachem B. Sc.

Chantal Daigle M. Sc.

Chloé Cardinal B. Sc.

Chloé Frigon B. Sc.

Christine Durocher-Tremblay B. Sc.

Christian Soto Catalan B. Sc. Ph..D(c)

Cindy Lambert B. Sc.

Claudine Martin B. Sc.

Corey Greenaway B. Sc.

Cristina Perrone B. Sc.

Cynthia Laroche B. Sc.

Cynthia Morin B. Sc.

Daniel Paré M. Sc. A.

Daniel Riou B. Sc.

Dany Vibert B. Sc. ét. 

David Gaboury B. Sc.

David Larose M. Sc.

David Fournier B. Sc.

David Simard B. Sc.

Diane Oligny M. Sc.

Dounia Cherradi B. Sc.

Edera Lancione B. Sc.

Elaine Bouffard B. Sc.

Éliane Roy B. Sc. D.E.S.S.

E. Lisa Masse M. Sc.

Elisa Marin Couture candidate PhD

Elise Gagné B. Sc. D.E.S.S.

Émilie Gemme B. Sc.

Émilie Lévesque B. Sc.

Émilie Martel B. Sc.

Émilie Perreault-Imbeault B. Sc. 

Émilie Moreau B. Sc.

Éric Deslauriers B. Sc.

Étienne Rhéaume B. Sc.

Ève-Marie Dicaire M. Sc.

Fabien Lemaire B. Sc.

Fanie St-Jean Miron M. Sc.

Félix Rémillard M. Sc. 

Florence Piché M. Sc.

Florent Aubin B. Sc.

Florian Carreras B. Sc.

Florian Delorme B. Sc.

Francis Mercier B. Sc.

François jr Dupont B. Sc.

Frédérik Crasnier B. Sc.

Frédérik Laberge B. Sc.

Frédérique Paré B. Sc.

Gabriel Bibeau B. Sc.

Gabriel Harrisson B. Sc.

Gabriel Manseau B. Sc.

Gabrielle Boisvert B. Sc.

Gabrielle Duhamel candidate PhD. 

Gabrielle Pépin B. Sc.

Gaia Sebti B. Sc.

Geneviève Albert M. Sc.

Geneviève Cardella-Rinfret M. Sc.

Geneviève Laflamme B. Sc.

Geneviève Mathieu B. Sc.

Geneviève Laplante B. Sc.

Geneviève Rock B. Sc.

Ghislain Lapierre M. Sc.

Grégory Payet, B. Sc.

Guillaume Montpetit B. Sc.

Guillaume Allard B. Sc.

Guillaume Séguin B. Sc.

Guy Leclerc B. Sc.

Hamza Qureshi B. Sc.

Hélène Charron B. Sc.

Hélène Labarbe B. Sc.

Hendrik Pineda B. Sc.

Hugues Bélisle B. Sc.

Isabelle Robert B. Sc.

Jade Cantin B. Sc.

Jan Sebastian Duda B. Sc.

Jason Dunn B. Sc.

Jason Naud B. Sc.

Jean-Christophe Poirier B. Sc.

Jean-François Beauchamp B. Sc.

Jean-François Sicotte B. Sc.

Jean Manneville Theagene M. Sc.

Jean-Pierre Dinelle B. Sc.

Jean-Philippe Tessier B. Sc.

Jennifer Labonté M. Sc.

Jennifer Pierre B. Sc.

Jérémie Charron PhD(c)

Jérôme Perreault B. Sc.

Jessica Bergeron B. Sc.

Jessica Daviault B. Sc.

Jessica Maire B. Sc.

Jessica Perez-Futalan M. Sc.

Jessica Richard B. Sc.

Jessica Roy B. Sc.

Jo-Anne Gilbert PhD

Jo-Annie Goupil B. Sc.

Joanie Nadeau B. Sc.

Joanie Ouellet B.Sc.

Joanie Tétreault B. Sc.

Jolaine Tanguay B. Sc.

Joanye Girard B. Sc.

Joël Bérubé B. Sc.

Joëlle P. Ladouceur M. Sc.

Jonathan Beaudoin B. Sc.

Jonathan Corbeil B. Sc.

Jonathan Martel B. Sc. et D.E.S.S.

Joséanne Gosselin Poisson B. Sc.

Josée Trudel B. Sc. 

Josiane Gravel B. Sc.

Josiane Labelle B. Sc.

Josiane Leblanc M. Sc.

Joyce Abondano B. S.

Julie Defayette B. Sc.

Julie Larouche B. Sc.

Julie Plouffe B. Sc.

Julien Doucet Bourassa B. Sc. 

Judith Bernard B. Sc.

Judith Chalifour B. Sc.

Judith Rivard B. Sc.

Kamy Dupont B. Sc.

Karen Laroche M. Sc.

Karine Côté B. Sc.

Karine Dancause B. Sc.

Karine Richard B. Sc.

Karine Robert B. Sc.

Kasia Krupa B. Sc.

Kassandra Brochu B. Sc.

Kassandra Rioux B. Sc.

Katherine Madore B. Sc.

Katy Potvin B. Sc.

Kevin Brunelle-Periard B. Sc. 

Kevin Ducharme Desgagné B. Sc.

Kevin St-Cyr B. Sc.

Kim Archambault B. Sc.

Kim Belisle B. Sc.

Kimberley Francis B. Sc.

Kim-Yu Lagacé B. Sc.

Lauraine Emond B. Sc.

Laurie Boilard B. Sc.

Laureen Soubervie B. Sc.

Laurence Daigle B. Sc.

Laurence Desmarais B. Sc.

Laurie Lantagne B. Sc.

Léa Lemay-Lapointe B. Sc.

Léonie Ménard B. Sc. et D.E.S.S.

Lilia Ben Abdelkader B. Sc.

Liliane Cefaloni B. Sc.

Lisandre Laberge Hapetian B. Sc.

Lysanne Doyon B. Sc.

Lison Houde M. Sc.

Luc St-Marseille B. Sc.

Lydia Preston B. Sc.

Logan Richard B. Sc. MBA

Louis Mecille B. Sc. et D.E.S.S.

Louis-Paul Prud’homme B. Sc.

Marianne Godbout B. Sc.

Martine Lauzé B. Sc.

Mathieu Fafard B. Sc.

Mathieu Leduc B. Sc.

Marc-André Chevarie B. Sc.

Marco Nery B. Sc.

Marianne Blais B. Sc.

Marianne Chartrand B. Sc.

Marianne Dargis B. Sc.

Marie-Andrée Gagnon B.Sc.

Marie-Ange Bugeaud B. Sc.

Marie-Christine Déry B. Sc. et MBA et CRHA

Marie-Christine Desbiens B. Sc.

Marie-Christine Lamothe B. Sc.

Marie-Ève Baudry M. Sc.

Marie-Ève Houde B. Sc.

Marie-Ève Proteau B. Sc.

Marie-Hélène Blain B. Sc.

Marie-Helen Cocks M. Sc. 

Marie-Michèle Dallaire B. Sc. CCEP

Marie-Pierre Tournier M.Sc.

Marie-Pier Yergeau B. Sc.

Marika Gosselin B. Sc.

Marilyn Houle-Péloquin M.Sc.

Marjolaine Masse M. Sc.

Marjo Roy B. Sc.

Maude Carroll B. Sc. et D.E.S.S.

Maude Charland B. Sc.

Maude Corbeil M. Sc.

Maude-Émilie Méthot B. Sc. et D.E.S.S.

Maude Larivée-Leblanc M. Sc. 

Maxime Boidin PhD

Maxime Bouvrette B. Sc.

Maxime Gosselin B. Sc.

Maxim Tanguay B. Sc.

Mélanie Clavet B. Sc.

Mélina Lalande Gauthier M. Sc.

Mélissa Barré B. Sc. et D.E.S.S.

Mireille Couture B. Sc.

Michael Cyr B. Sc.

Michael Novikov Ph.D.

Monica Gagnon B. Sc. CCEP

Mylène Aubertin-Leheudre PhD

Mylène Roberge B. Sc.

Myriam Lacoursière B. Sc.

Myriam Rose B. Sc.

Nathalie Ayotte B. Sc.

Nathalie Gagné B. Sc. 

Nathalie Pelletier M. Sc.

Nicolas Chabot B. Sc.

Nicolas Trudeau M. Sc.

Océane Colmez B. Sc.

Oliver d’Autreil B. Sc.

Olivier Collin B. Sc.

Olivier Gagnon B. Sc.

Olivier Héroux M. Sc.

Oussama Hannachi M. Sc.

Paméla Huot B. Sc.

Pascale Verville B. Sc.

Pascale Williot B. Sc.

Patricia Arès B. Sc.

Patrick Ajaka M. Sc.

Patrick Tobgi M. Sc.

Paul Nguyen Huu M. Sc. MPH

Peter Manguian B. Sc.

Philippe Desilets-Beaudoin M. Sc.

Philippe Roy M. Sc.

Pierre-Olivier Bourdon B. Sc.

Pierre-Olivier Magnan B. Sc. D.E.S.S.

Pierre-Olivier Pinard B. Sc. certifié en md fonctionnelle

Pierre Viret M. Sc.

Priscilla Beaupré M. Sc.

Rachel Plamondon B. Sc.

Racim Kebbab B. Sc

Rébécca Rémillard M. Sc. intervenante en AP

Roxane Joubert B. Sc.

Roxanne Archambault B. Sc.

Roxanne Ouimet B. Sc.

Sam-Ang Toun B. Sc.

Samuel Fagnon B. Sc.

Samuel Hamel B. Sc.

Samuel St-Amour M. Sc. PhD(c)

Sandra Couture M. Sc.

Sarah-Maude Martin B. Sc.

Simon Trudel B. Sc.

Soléien Gomez-Monastesse B. Sc. 

Sonia Paquet-Martel B. Sc.

Sophie Duval B. Sc.

Sophie Lalonde Marchera B. Sc.

Sophie Francoeur B. Sc.

Stéphanie De Laplante B. Sc.

Stéphanie Plante B. Sc.

Steve Gélinas B. Sc.

Sylvie Lalonde M. Sc.

Tara Santavicca B.Sc. M. Sc.

Tom Bédard B. Sc.

Trécy Patoine B. Sc.

Valérie Blanchette B. Sc. 

Valérie Boudreault B. Sc.

Valérie Clément B. Sc.

Valérie Creo D.E.S.S.

Valérie Milton M. Sc.

Valérie Pelletier B. Sc. et M. Sc.

Valérie Poulin M. Sc.

Vanessa Buisson-Gentilhomme B. Sc.

Vanessa Handfield Bigué B. Sc.

Vanessa Henri B. Sc.

Véronique Martel B. Sc. 

Véronique Miller M. Sc.

Vickie Morin M. Sc.

Vignon Guezo B. Sc.

Vincent Côté LLB et B. Sc.

Vincent Toulouse-Fournier B. Sc.

Virginie Côté B. Sc. et D.E.S.S.

Virginie Doyon Barbant M. Sc.

Virginie Dufresne B. Sc.

William Langis B. Sc.

Xavier Lecours-Laplante B. Sc.

Yvan Campbell M. Sc.

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Je mange, donc je suis!

Troubles de l'humeur et alimentation

Les troubles de l’humeur (altération de la pensée, de l’humeur ou du comportement étant associés à un certain niveau de détresse) sont fortement prévalents au Canada. En effet, 1 personne sur 7 est affligée de cet état (1). Jusqu’à 1 personne sur 3 ressentira de l’anxiété à un moment ou à un autre de sa vie (2). L’implantation de la psychothérapie, les outils de croissance personnelle et d’autogestion des émotions ainsi que la prescription d’antidépresseurs de tout genre font partie des thérapies de première ligne pour traiter un trouble de l’humeur (3). Étonnamment, il a aussi été démontré que les personnes atteintes d’un trouble mental comme la dépression ou l’anxiété sont aussi plus susceptibles d’être atteints d’une maladie chronique comme la maladie cardiovasculaire, le diabète, l’hypertension artérielle, la maladie pulmonaire obstructive chronique, etc (4). Sachant que les maladies cardio-métaboliques du genre sont très souvent issues de mauvaises habitudes de vie, entre autres de mauvaises habitudes alimentaires, pourrait-il y avoir un lien physiologique entre les deux? En quoi l’alimentation peut-elle avoir un impact sur le fonctionnement du cerveau et la gestion des humeurs?

L’alimentation est considérée par la majorité d’entre nous comme l’action d’ingérer des « calories » pour dépenser cette d’énergie au quotidien sous différentes formes. Pour ajouter à cette conception limitée, l’alimentation se révèle aussi être un puissant vecteur de santé en permettant de fournir au corps, à chaque bouchée, des milliers de molécules chimiques ayant une pertinence biochimique bien claire dans le corps et sans lesquelles une tonne de réactions enzymatiques n’arriveraient pas à se faire correctement. De ces fonctions vitales qui relèvent de l’interaction dynamique et continue avec plusieurs nutriments essentiels issus de notre alimentation, la production des neurotransmetteurs qui régulent les humeurs et comportements dans le cerveau en fait clairement partie.

Plusieurs études chez l’humain se sont penchées sur l’effet de l’alimentation sur l’état de la santé mentale. Il n’est pas surprenant de retrouver des conclusions qui soutiennent le fait qu’une alimentation saine est associée à un degré moindre de dépression (5,6,7,8,9). En effet, on peut définitivement conclure qu’une approche alimentaire qui favorise la consommation d’une abondance de légumes et fruits, de grains entiers non transformés, de poissons gras, d’huile d’olive, de noix et de graines est en tout point reliée à une santé psychologique plus équilibrée. À l’inverse, on voit un risque accru de dépression chez les grands mangeurs de viande rouge et/ou transformées (charcuteries), de grains / céréales raffinés (farines, pains, céréales à déjeuner, pâtes, etc.), de produits laitiers riches en gras ainsi que des desserts, bonbon et confiseries. Étonnement, on constate que ce type d’alimentation est aussi associée à une réduction significative de souffrir d’une maladie cardiovasculaire, comme quoi l’effet biochimique induit par ces habitudes alimentaires ont une implication dans les mécanismes inflammatoires pouvant affecter le cerveau autant que la santé des artères (10). Il est tout aussi stupéfiant de constater que l’alimentation de la mère qui porte son fœtus a le pouvoir d’affecter l’état de la santé mentale de son bébé à venir lors de l’enfance et de l’adolescence. En effet, plus cette alimentation est pauvre en nutriments et riche en produits transformés, plus l’enfant à naître est susceptible de développer des problèmes psychiatriques tout au long de son développement (11,12,13,14). Mais pourquoi l’alimentation a-t-elle un si grand impact sur la santé mentale? L’effet sur le microbiote, la balance entre l’inflammation et le stress oxydatif ainsi que l’impact sur la plasticité cérébrale sont des mécanismes bien décrits.

Le microbiote = notre deuxième cerveau

En premier lieu, on ne peut pas passer sous le silence l’effet puissant du microbiote intestinal et son lien sur la santé mentale qui est à l’origine de milliers de publications scientifiques dans les dernières années. Considéré comme un « organe » en soit, le microbiote intestinal comporte près de 100 trillions de bactéries, soit plus que le nombre de cellules qui nous constituent (15). Ces bactéries nous habitent de façon symbiotique en étant étroitement impliquées dans plusieurs processus essentiels à la survie de l’humain tel que la synthèse de vitamines et de neurotransmetteurs, la régulation de l’immunité systémique et de l’inflammation, la protection de la barrière épithéliale digestive servant à l’absorption des nutriments, etc (16). Il n’est pas surprenant que les perturbations du microbiote, particulièrement la perte de diversité, soient associées à de nombreuses maladies chroniques cardio-métaboliques et inflammatoires (17).  Ces bactéries qui nous colonisent réagissent et assurent leur croissance selon ce qui leur est donné à « manger » (soit de la façon dont on s’alimente au quotidien) et interagissent de façon bidirectionnelle avec les 500 million de neurones individuelles qui tapissent le système digestif (18).  Les fibres et plusieurs polyphénols (retrouvées dans les noix, les graines, les grains entiers non transformés, les légumineuses, les fruits et légumes) sont les nutriments de choix permettant une bonne sélection, diversité et croissance des bactéries les plus saines (19). À l’inverse, une prise excessive de certains médicaments (antibiotiques, antiacides, anti-inflammatoires, etc.), un état de stress chronique ainsi qu’une alimentation pauvre en fibres et riches en aliments transformés, en sucres de tout genre, en édulcorants et en pesticides peut grandement affecter la qualité du microbiote (20,21).  Quand le microbiote est perturbé par les stresseurs cités précédemment, on peut assister à un phénomène de perte d’intégrité de la barrière épithéliale tapissant la lumière du tube digestif, engendrant un bris entre les protéines liant les cellules les unes aux autres permettant d’assurer une bonne perméabilité entre le contenu intestinal et la circulation systémique. On appelle le « syndrome d’intestin perméable » le phénomène où les molécules alimentaires, métabolites bactériens et/ou bactéries elles-mêmes s’immiscent dans la circulation systémique sans avoir pu être filtrées adéquatement et dont la présence déclenche l’activation du système immunitaire et un état d’inflammation constant. On a associé ce syndrome à plusieurs pathologies systémiques comme les maladies inflammatoires intestinales, le diabète, l’asthme et les désordres psychiatriques comme l’anxiété, la dépression et l’autisme (22,23,24,25,26).  Les molécules inflammatoires engendrées par la présence de ces molécules exogènes en circulation et neutralisées par le système immunitaire affecte le corps en entier : inhabilité à bien réguler la glycémie, douleurs chroniques, fatigue, humeur négative ou anxieuse, ballonnements digestifs, etc. Dans cette situation, un assainissement de l’alimentation, le retrait des comportements ou substances nuisant à l’équilibre du microbiote ainsi que l’usage de probiotiques peut s’avérer très pertinent pour retrouver une diversité et fonction optimale du microbiote avec son effet attendu sur la régulation de l’immunité et de l’inflammation systémique ainsi que sur le métabolisme de neurotransmetteurs et plusieurs vitamines et molécules biochimiques essentielles à la fonction des systèmes du corps (27).

L’inflammation, le stress oxydatif et le besoin en anti-oxydants

L’inflammation est un phénomène normal et essentiel à la survie qui permet la guérison d’une structure lésée à la suite d’un dommage de tout genre aux structures du corps. Elle est importante en situation aigue et occasionnelle lorsque le dommage est créé accidentellement, mais elle devient un problème lorsqu’elle est présente de façon chronique à cause de dommages réguliers et persistants. Par exemple, l’exposition quotidienne à des toxines (comme la cigarette ou les moisissures dans l’environnement), le stress et le manque de sommeil chronique (impliquant des perturbation hormonales pro-inflammatoire persistantes) et une alimentation remplie de sucre et d’aliments transformés néfaste pour le système digestif sont des situations qui contribuent à causer l’inflammation chronique. Il a été démontré que l’inflammation chronique de bas grade est associée à la dépression, la schizophrénie et la maladie bipolaire (28,29,30). Le stress oxydatif est le résultat de l’inflammation chronique et résulte en la fabrication de radicaux libres qui s’attaquent aux structures saines du corps (incluant les neurones!) et qui est la cause de la perte de fonction des organes et du vieillissement accéléré. Une des façons de contrer le stress oxydatif est d’administrer au corps une quantité significative « d’antioxydants » qui sont en réalité les phytonutriments, vitamines et minéraux divers qui se retrouvent dans une alimentation saine, riche en végétaux, non transformée et diversifiée. On a effectivement remarqué dans certaines études que plusieurs marqueurs antioxydants étaient réduits chez les individus ayant des épisodes dépressifs aigus (31,32).

La plasticité cérébrale, essentielle pour la régulation émotionnelle

Une région essentielle du cerveau, l’hippocampe, est impliquée dans les phénomènes d’apprentissage, la création de la mémoire et la régulation émotionnelle. Les neurones de cette région du cerveau semblent être capables de se former et de croitre sous l’effet d’une substance appelée BDNF (Brain-derived neurotrophic factor) (33,34). À défaut d’avoir un hippocampe bien développé et fonctionnel, on peut faire face à des troubles de la mémoire, de la difficulté à apprendre de nouvelles tâches et une mauvaise gestion des émotions, symptômes que l’on voit très souvent dans la dépression et l’anxiété. Le stress est l’un des facteurs les plus puissants pouvant affecter négativement les niveaux de BDNF (35), mais de plus en plus d’évidences pointent vers le fait qu’une diète d’une grande densité nutritionnelle affecte favorablement les niveaux de BDNF pouvant stimuler la neurogénèse, alors que les diètes riches en sucre et en gras de mauvaise qualité retrouvés dans les aliments transformés ont un effet totalement contraire (36,37,38). 

Pour toutes les raisons physiologiques discutées ci-haut, une bonne santé mentale repose sur un apport optimal en nutriments essentiels permettant d’assurer toutes les réactions biochimiques du corps impliquée dans la sélection d’un microbiote diversifié, dans la synthèse de neurotransmetteurs, dans la neurogénèse et l’atténuation du stress oxydatif engendré par l’environnement et/ou les habitudes de vie pouvant créer un dommage cellulaire jusqu’aux neurones du cerveau. Chaque bouchée que l’on ingère devrait être la plus nutritive possible : 

  • Aucun aliment transformé par l’industrie alimentaire : les aliments consommés devraient s’approcher le plus près possible de ce que l’on pourrait cueillir dans un jardin ou retirer d’un animal en liberté, dont l’environnement est optimal.
  • Une abondance de végétaux de tout genre. Par exemple, aller chercher l’arc-en-ciel des couleurs à travers des choix de fruits et légumes sur l’espace d’une semaine. Il serait sage de prioriser les légumes aux fruits pour éviter un excès de sucre pouvant être moins bien tolérés chez les individus susceptibles métaboliquement. 
  • Un apport significatif en fibres à ajouter quotidiennement sous forme de noix, graines, légumes et fruits, grains entiers non transformés et de légumineuses.  
  • Un apport en gras de bonne qualité tel que l’huile d’olive, les noix, les poisson gras, etc. tout en faisant attention de ne pas surchauffer l’huile alors que ses propriétés favorables pourraient être perdues.
  • Un apport en probiotiques par le biais d’aliments fermentés (choucroute, kimchi, yogourt nature, kefir, tempeh, etc.)
  • Aucun sucre raffiné ou de sucres concentrés provenant d’aliments entiers.

L’alimentation devrait toujours être optimisée avant de proposer une supplémentation visant à permettre un apport suffisant d’un nutriment quelconque puisqu’un aliment entier apporte beaucoup plus sur le plan biochimique que ce qu’on peut retrouver dans un comprimé. Cependant, il est parfois nécessaire d’avoir recourt à la supplémentation pour des raisons diverses (intolérances alimentaires à certains aliments, inhabilité à ingérer l’apport nutritionnel recommandé d’un certain nutriment, mode de vie qui sollicite un apport plus grand que recommandé d’une certaine substance que l’alimentation n’arrive pas à fournir en assez grande quantité, etc.). La personnalisation de l’approche est essentielle afin de cibler les risques de carences et les niveaux d’apport en nutriments et surtout d’évaluer la qualité et la diversité du microbiote qui nous habite tout en cherchant des stratégies pour l’optimiser, connaissant son impact positif bien démontré sur la santé mentale. Somme toute, il est clair que la psychothérapie et l’utilisation des antidépresseurs ne sont pas les seules options dans la prise en charge des troubles de l’humeur. Le fait de se tourner vers des stratégies d’assainissement de l’alimentation et des habitudes de vie peut s’avérer parfois beaucoup plus puissant dans la quête d’améliorer la santé mentale!

Anne-Isabelle Dionne MD

Dre Dionne est omnipraticienne depuis 2014 et pratique aux soins intensifs de l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe ainsi que dans un GMF sur la Rive-Sud de Montréal. Elle a fondé en 2018 un centre de médecine préventive se spécialisant dans l’accompagnement des gens souffrant de problèmes de santé divers dans l’amélioration de leurs habitudes de vie au quotidien par le biais de l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress et du sommeil. Le Centre Axis est un OBNL qui offre une de prise en charge multidisciplinaire à visée préventive à la population générale désirant améliorer leur santé, prévenir ou renverser une maladie chronique connue tout en diminuant le besoin de médication associé. Les services du Centre Axis peuvent se dispenser à distance en télémédecine. Pour nous contacter : 514-953-2947 ou info@centreaxis.ca.


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La Covid-19: une maladie des habitudes de vie

La Covid-19: une maladie des habitudes de vie

La COVID-19 a fait couler beaucoup d’encre depuis le début de l’année 2020. Et au grand désarroi de chacun, ce n’est pas demain la veille que le sujet deviendra dépassé. On a parlé de méthodes de prévention physique, d’économie chamboulée, de réorganisation du système de  santé, de vaccination, etc. Mais a-t-on véritablement fait le point sur les facteurs de risque étroitement reliés au fait de développer la forme sévère de la COVID19 nécessitant une hospitalisation et des soins de santé avancés ainsi que la façon de les diminuer ? Chose certaine, même si le sujet a été soulevé sommairement, peu de stratégies concrètes ont été mises en branle dans notre système de santé pour permettre aux gens désirant réduire leur risque de développer des complications liées à la COVID19 de le faire réellement. Dans cet article, je désire vous permettre de mieux comprendre les réels impacts de vos habitudes de vie sur la santé de votre système immunitaire dans le but de vous donner tous les outils possibles pour prendre votre santé en mains malgré le chaos sociétal qui persiste, et ce à très faible coût !

Premièrement, il est important de comprendre les bases très sommaires du fonctionnement de notre système immunitaire afin de réaliser l’impact de nos divers comportements sur ce dernier. Lorsque nous sommes exposés à un pathogène (virus, bactérie, champignon, etc) les cellules de notre système immunitaire inné (première ligne de défense) s’activent en reconnaissant la présence d’un microorganisme étranger au corps. Elles attaquent et tentent d’affaiblir ce dernier afin de le neutraliser et d’éviter le développement d’une infection plus sévère. Ces cellules de première ligne produisent aussi des substances chimiques (cytokines) qui agissent à titre de signal pour avertir les autres cellules appartenant à une notre système immunitaire acquis (deuxième ligne de défense) de se mobiliser, c’est à dire la fonction de l’immunité qui se spécialise dans la fabrication d’anticorps qui seront fabriqués pour contribuer à la destruction du pathogène inconnu au corps. 

Dans l’infection à SARS-COV2 menant à développer la COVID19, le système immunitaire réagit de la même façon. On s’est toutefois longtemps demandé pourquoi il existe une si grande hétérogénicité dans la présentation de la maladie, c’est à dire que certaines personnes peuvent éliminer le virus sans même avoir développé des symptômes (porteurs asymptomatiques) alors que d’autres sont hospitalisés aux soins intensifs dans un état très instable. Physiologiquement, Il existe plusieurs raisons à cela et en voici 3 principales. 

On remarque que les individus qui ont développé des complications plus sévères ont manifesté une incompétence relative de leur système immunitaire inné (premières cellules de défense du corps) retardant la détection du virus et par ricochet l’atténuation du signalement d’alerte aux autres cellules immunitaires du corps (1,2). Ainsi, le virus ayant eu une meilleure capacité de se reproduire sans être neutralisé au bon moment, cause beaucoup plus de destruction dans le corps de son hôte avant que celui-ci ne puisse réagir adéquatement dans ses mécanismes de défense. Certains facteurs peuvent perturber l’efficacité des barrières de première ligne et l’un des plus importants est la nutrition. En effet, un individu malnutri et/ou déficient en certains micronutriments sera plus à même de d’avoir un système immunitaire peu compétent (3). 

On remarque aussi que les complications liées à l’infection à SARS-COV2 sont plus nombreuses chez les gens souffrant de maladies chroniques cardio-métaboliques (maladies cardio-vasculaires, diabète, hypertension, obésité…) dans une proportion inquiétante (4). En y réfléchissant bien, on constate que le dénominateur commun de ces pathologies est… l’inflammation (5)! Ce phénomène témoigne de l’activation relative du système immunitaire sous l’effet de comportements souvent malsains afin de protéger l’organisme de ces « attaques répétées » à son intégrité (tabagisme, exposition à des toxines environnementales, ingestion d’aliments transformés malsains pour le corps, sécrétion excessives d’hormones de stress, etc). Cette activation du système immunitaire ne le rend pas plus compétent, bien au contraire. On remarque déjà chez les individus souffrant de maladies chroniques une augmentation des cytokines inflammatoires (ces substances chimiques qui visent à alerter l’organisme en cas de bris de défense), avant même que le virus ne les infecte (6). 

Il est aussi important de mentionner que le virus SARS-COV2 permet d’infecter l’organisme en liant sa protéine « spike » aux récepteurs ACE2 présents à la surface des cellules de plusieurs organes du corps et particulièrement dans les poumons, les reins, l’intestin, le cerveau, le coeur, etc (7). Tout juste après sa liaison avec le récepteur cellulaire, le virus peut alors s’internaliser dans la cellule et utiliser la mécanique cellulaire à sa disposition pour assurer sa propre réplication et ainsi l’infection de d’autres cellules par les virions produits et ce, jusqu’à ce que le système immunitaire tente de neutraliser ce processus. Ce faisant, les cellules infectées sont détruites et ne sont plus fonctionnelles pour assurer leurs propriétés habituelles, conduisant ainsi aux dysfonctions d’organes multiples que l’on voit apparaitre dans les cas de COVID19 sévères (insuffisance respiratoire, thromboses, myocardites, diarrhée, anosmie, etc.). Or, ce récepteur ACE2 semble avoir des propriétés protectrices en étant interpellé dans certaines réactions enzymatiques régulant la pression artérielle, le tonus vasculaire et l’état inflammatoire des vaisseaux sanguins (8). Il a été reconnu que certaines conditions de santé présentes chez un individu est susceptible de provoquer une sous-expression des récepteur ACE2 à la surface des cellules tel que dans l’hypertension, le diabète, la maladie cardiovasculaire et chez les gens plus âgés (9). Ainsi, la destruction subséquente des cellules infectées contenant ce récepteur ACE2 qui a un effet bénéfique et protecteur pour l’organisme semble être un des facteurs contribuant au degré de sévérité de l’atteinte à COVID19 chez cette population.

Quand on parle de COVID19, on craint ce qu’on appelle la « tempête de cytokines » pouvant provoquer un état d’instabilité majeure chez un individu et nécessiter son hospitalisation. Ces cytokines inflammatoires, alors qu’elles sont présentes dans notre corps pour une raison essentielle, soit de stimuler le recrutement des cellules immunitaires impliquées dans la défense de l’organisme lorsque celui-ci est confronté à une attaque, peuvent causer bien des problèmes lorsque présentes en trop grande quantité : chute de pression, chute de l’oxygénation, altération de la contractilité du coeur, coagulation inappropriée du sang dans les veines et artères, dysfonctionnement des reins et du foie, etc. La tempête de cytokines a donc beaucoup plus de chances de survenir chez les individus qui ont une barrière de première ligne insuffisante retardant ainsi la détection du virus et provoquant une réaction exagérée du système immunitaire une fois qu’il se rend compte de la présence du virus dupliqué dans l’organisme, ainsi que chez les individus ayant déjà des cytokines inflammatoires élevées dans leur corps en raison de leurs habitudes de vie (conduisant aux maladies chroniques que l’on connait). Il faut savoir que les 2 mécanismes peuvent cohabiter, rendant la situation des patients concernés très préoccupante. 

Pour se sauver des potentielles complications de la COVID19, les interventions sur notre santé pouvant réellement changer les choses vont au-delà d’un bon contrôle des maladies chroniques et/ou d’une supplémentation ou médicamentation systématique en « prévention ».  Il ne suffit pas de ne PAS avoir de diagnostic de maladie, car le métabolisme peut cacher un tout autre tableau de vulnérabilité. Au contraire, il faut agir de façon personnalisée dans le but de renverser les mécanismes physiologiques causant éventuellement les maladies chroniques que l’on connaît et idéalement déterminer et traiter l’existence de déficiences nutritionnelles pouvant être présentes chez un individu en fonction de ses propres comportements. Il n’y a pas de « one size fits all » dans la prévention ! La nécessité de travailler avec des professionnels de la santé qui sont capables d’adapter les recommandations à la réalité de chacun est primordiale. 

Parmi les stratégies principales permettant d’améliorer l’état inflammatoire et de solidifier les défenses de première ligne, on retrouve les éléments suivants : 

  1. Perdre du poids, particulièrement le gras se situant sur la ceinture abdominale. Il est bien connu que le gras dit « viscéral » sécrète une grande quantité de cytokines inflammatoires. Le surpoids est un des facteurs de risque les plus importants de souffrir d’une forme sévère de la COVID19. En effet près de 75% des patients admis aux soins intensifs dans les circonstances ont un IMC de >25 et la mortalité est accrue de 48% (10). 
  2. Renverser la résistance à l’insuline en adoptant une alimentation plus faible en glucides. L’hyperinsulinémie est un phénomène qui précède l’apparition du diabète de plusieurs années, voir quelques décennies (11). On voit cette particularité métabolique de plus en plus fréquemment chez les jeunes qui ont de mauvaise habitudes alimentaires et cela s’exacerbe avec le temps. En effet, l’alimentation riche en glucides (autant celle comportant une grande charge glycémique que celle comportant des aliments à fort index glycémique) a un effet néfaste sur le taux l’insuline dans le sang qui s’élève anormalement et de façon constante, provoquant ainsi des dommages au niveau des artères et de plusieurs organes clés (12). L’hyperinsulinémie est une source importante d’inflammation et est de plus en plus associée à la maladie cardiovasculaire (13). 
  3. Bouger à tous les jours, mais éviter les excès! Ce n’est pas parce qu’on fait des marathons ou des « ironman » qu’on est plus en santé que quiconque. Au contraire, les activités physiques trop rigoureuses avec peu de temps pour récupérer et/ou une alimentation insuffisante peuvent déclencher un processus inflammatoire et une moins bonne compétence du système immunitaire (14,15). À l’inverses, les individus sédentaires se trouvent dans une situation aussi délétère métaboliquement (16). Pour optimiser l’effet positif sur le système immunitaire et l’inflammation, on recommande de bouger avec une intensité modérée 30 minutes par jour au minimum (ou 150 minutes / semaine). 
  4. Éliminer le stress de son quotidien. Plus facile à dire qu’à faire dans la société actuelle, mais on doit reconnaitre le lien étroit entre le stress chronique et la perte de compétence du système immunitaire à long terme. Il est bien démontré qu’en aigu, les hormones de stress sécrétées permettent l’adaptation de l’organisme dans le but d’assurer sa survie par différents mécanismes et cela est bien souhaitable. Cependant, lorsque ces hormones restent élevées chroniquement dans le sang (ce qu’on voit de plus en plus avec la façon dont on gère notre quotidien qui va trop vite!), on aperçoit une perte d’efficacité de la défense immunitaire tout en contribuant à garder les niveaux d’inflammation hauts dans le corps (17). Les exercices de relaxation, de méditation, les activités sociales et le contact avec la nature peuvent aider à diminuer le stress. 
  5. Favoriser un sommeil de qualité, idéalement entre 6 et 9h par nuit. Le manque de sommeil est sans contredit un des paramètres qui influencent le plus la réponse immunitaire (18). On a même remarqué une plus faible production d’anticorps chez les individus qui n’avaient pas bien dormi la veille de l’administration d’un vaccin (19). Il faut aussi garder en tête que le sommeil qui est provoqué artificiellement avec certains médicaments de type « somnifères » peut avoir une architecture significativement affectée, rendant son effet réparateur très peu présent (20).
  6. Encourager la croissance d’un microbiome sain et équilibré. On n’en parle jamais assez, mais le microbiome qui occupe le tractus digestif peut être considéré comme un organe en soit tellement il a d’interactions dynamiques avec différentes fonctions du corps. Il faut savoir que près de 70% des cellules immunitaires de notre organisme séjournent dans notre système digestif et plusieurs signaux d’activation de ces cellules relèvent du métabolisme de nombreuses substances par le microbiote (21,22). La consommation de fibres et d’aliments contenant des probiotiques, l’évitement du sucre raffiné ou d’aliments transformés, la réduction du stress et une grande précaution en lien avec les médicaments consommés au quotidien (par exemple, les antiacides à long terme et les antibiotiques pour des raisons non infectieuses) sont des éléments qui favorisent la croissance d’un microbiote optimal. 
  7. Optimiser l’état nutritionnel, de façon personnalisée. Il est scandaleux de réaliser que la population canadienne consomme 60% de ses calories sous forme d’aliments ultra transformés, de sorte que le contenu en vitamines et minéraux est quasi nul (23). Sans compter la consommation accrue en médicaments divers qui provoquent une altération de l’absorption ou une augmentation de l’excrétion de plusieurs nutriments essentiels. On peut presque dire que l’état nutritionnel d’un individu obèse ressemble parfois à celui d’un individu en état de privation alimentaire chronique (24). Il n’est pas rare de constater des déficiences nutritionnelles supplémentaires chez les qui consomment de l’alcool, qui ont des problèmes d’absorption intestinale, qui mangent peu ou qui sont très sélectifs, etc. On entend fréquemment parler du zinc, de la vitamine C et de la vitamine D qui ont un impact majeur sur le fonctionnement immunitaire, mais plusieurs autres micronutriments peuvent s’avérer cruciaux pour éviter de perturber le fonctionnement immunitaire en cas de carence (25). La prise de suppléments devrait être personnalisée au cas par cas en fonction des facteurs de risque de développer une déficience en divers vitamines et minéraux. 

En conclusion, on peut réaliser que chaque individu a plus de pouvoir qu’il ne le croit pour réussir à agir sur les facteurs de risque qui augmentent la probabilité de souffrir d’une forme sévère de la COVID19. L’optimisation des défenses de première ligne et son impact sur le reste du système immunitaire afin d’augmenter la facilité avec lequel le corps peut neutraliser le virus ainsi que la réduction de l’inflammation systémique pour diminuer le risque de déclencher une tempête de cytokines sont des éléments physiologiques importants à considérer dans la mise en place de stratégies de réduction du risque. La COVID19 aura certainement créé un chaos sociétal important, mais peut-être nous aura-t-elle permis de prendre enfin conscience des stratégies qui permettent de soutenir la santé plutôt que de traiter la maladie une fois installée ? C’est la puissance de la médecine préventive personnalisée !

Anne-Isabelle Dionne MD

Dre Dionne est omnipraticienne depuis 2014 et pratique aux soins intensifs de l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe ainsi que dans un GMF sur la Rive-Sud de Montréal. Elle a fondé en 2018 un centre de médecine préventive se spécialisant dans l’accompagnement des gens souffrant de problèmes de santé divers dans l’amélioration de leurs habitudes de vie au quotidien par le biais de l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress et du sommeil. Le Centre Axis est un OBNL qui offre une de prise en charge multidisciplinaire à visée préventive à la population générale désirant améliorer leur santé, prévenir ou renverser une maladie chronique connue tout en diminuant le besoin de médication associé. Les services du Centre Axis peuvent se dispenser à distance en télémédecine. Pour nous contacter : 514-953-2947 ou info@centreaxis.ca


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2. Antonioli, L., Fornai, M., Pellegrini, C. et al. NKG2A and COVID-19: another brick in the wall. Cell Mol Immunol 17, 672–674 (2020). https://doi.org/10.1038/s41423-020-0450-7

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